D’aussi loin que je me souvienne
Avoir vingt ans devait être, plus qu’un but, un aboutissement…
Et maintenant j’y suis.
Que reste-t-il de mes désirs d’enfant ?
L’enfant lui-même.
Le ciel est aussi gris qu’un avril qui hésite
La nuit est aussi noire que le chemin est long.
Avoir vingt ans n’a duré qu’un instant, le temps de claquer une porte
Et le tour est joué, les dés roulent déjà sur la pente imprécise,
Un pas à droite, un pas à gauche, un petit saut.
Non, non, non, pas en prière, pas en arrière !
Saisis ma main, ne lâche pas, nous serons bientôt hors des murs.
Admire ces étoiles qui osent scintiller loin des réverbères.
Écoute la chanson de la nuit qui s’agrippe encore une heure au sommet des collines,
Les bruissements des bêtes rejoignant leurs gîtes ombreux.
Avant que le jour soit levé.
Aperçois-tu ce croquet doré qui ourle le nuage ?
Es-tu conscient de l’horizon qui se dessine ?
Enfant, laisse encore ta main dans la mienne
Marchons encore un peu.
Un jour
Toi aussi
Tu auras vingt ans