Et pourtant

PARTAGER

 

Dans le creux de ma main qui n’est jamais fermée,

Tes joues tournent au carmin sous mes yeux charmés.

Je te regarde encore, à nue,

Et j’effleure ton corps comme un corps inconnu.

Chaque jour abandonne une autre découverte,

Ma peau, je te la donne car ta peau m’est offerte,

L’adorable frisson que ta chair aime tant

Suit mes doigts polissons et rêveurs, et pourtant,

 

Laisse-moi de mes yeux te rêver,

Laisse-moi de mes doigts te trouver,

Laisse-moi de mon corps te lover,

Laisse-moi de ton cœur m'élever,

 

Le voyage est sans fin, ta parure infinie,

Ton goût et ton parfum... je me sens démuni.

Tout est à découvrir, et toi,

Laisse-moi t'entrouvrir... Ne dis rien. Apprends-moi.

Laisse mes doigts lever doucement ce grimoire,

Doucement soulever cette précieuse moire

Qui couvre encore ta peau de drapage

En guise d'à-propos, et laisse-moi tes pages.

 

Et laisse-moi te lire comme cette œuvre ancienne,

Tant et tant te relire qu’elle en devient la mienne,

Et pourtant qui m’enivre à mourir,

Laisse-moi de ton livre à jamais me nourrir…

Et fasse que tes yeux, en devenant anciens,

Ne soient jamais trop vieux pour regarder les miens,

Qu'ils m'enivrent encore à mourir,

Laisse-moi de ton corps à jamais me nourrir...


Publié le 09/02/2026 / 20 lectures
Commentaires
Publié le 10/02/2026
Ce poème célèbre l’intimité comme une découverte lente, respectueuse et émerveillée. Le regard et le toucher y deviennent des langages d’amour, guidés par la délicatesse et l’écoute. « laisse-moi » exprime une demande humble, presque sacrée, d’accès à l’autre. Les images du livre et du grimoire transforment le corps aimé en œuvre précieuse à lire sans fin. Le temps qui passe, loin d’être une menace, est une vraie promesse d’approfondissement du lien. L’ensemble dégage une tendresse sensuelle, où le don réciproque nourrit l’âme autant que le corps. Votre interprétation et la mise en musique subliment ces vers tantôt alexandrins tantôt octosyllabes tantôt ennéasyllabes. Chapeau perthro
Publié le 11/02/2026
Bonsoir, merci pour ce commentaire très docte! Votre analyse me touche car je n'analyse que très rarement mes textes et je me retrouve bien dans ce que vous dites. Merci!
Connectez-vous pour répondre