Je dysfonctionne

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Ce texte participe à l'activité : Souffrance et résilience

Pendant longtemps, je ne savais pas ce que j’avais.

Je savais que je traînais une profonde mélancolie depuis mes 14 ans avec un passage à l’acte à 18.

J’avais fini par percevoir que je pouvais parfois me mettre moi-même en danger: que ce soit par autodestruction ou par cette simple bêtise que j’ai toujours eu à vouloir toujours chercher le meilleur en chaque personne que je croise...et mettre un bandeau sur ses défauts.

Cela m’a déjà valu deux viols et une tentative de meurtre sur ma personne.

Beau palmares n’est ce pas à seulement 35 ans à l’époque?!

Rassurez-vous je vais bien. Je ne vis pas avec le passé quotidiennement.

Par contre depuis j’ai su. J’ai su ce que j’avais. J’ai compris le pourquoi du comment: je suis schizophrène dystimique. Kézako?

La dysthimie c’est une forme de bipolarité mais en encore plus rapide du point de vue des changements d’humeurs.

Alors quand ça ne va pas, ben ça ne vraiment pas, et ça peut aller jusqu’aux idées noires avec hospitalisations demandées par moi pour me mettre en sécurité. Et quand ça va? Le moral ne va pas forcément beaucoup mieux mais je suis ultra speed, avec un million de projets en tête, des dépenses effreinées, tant d’energie que financières et je me sens prête à gravir l’everest!

Alors voilà pour la dystimie: je passe de ça ne va pas du tout à je me sens pousser des ailes....

La schizophrénie maintenant: elle ne se manifeste qu’en cas de souffrance aịgüe: c’est à dire, de dépression sévère.

Le plus souvent j’ai des hallucinations auditives, ou alors je dissocie: mon corps est là et mon esprit prend de plus en plus de place et me quitte. Pour les autres j’ai l’air "absente". C’est le moins qu’on puisse dire. En réalité je suis complètement ailleurs pendant des heures et il arrive souvent que ne me souvienne même pas où quand je reviens à moi....

Alors je vous rassure.

1: je ne suis pas dangereuse. A la limite pour moi même mais c’est bien tout.

2: je me soigne: je suis médicalisée depuis une vingtaine d’années ce qui permet dans l’ensemble de contenir pas trop mal les symptômes.

Mais au-delà de ce que j’endure chaque jour en terme de souffrances physiques (fibromyalgie en plus du reste) et psychologiques (certitude d’être différente, difficultés à avoir une vie amoureuse et/ou amicale), le plus dur c’est de savoir que si ce que j’ai se soigne, ça ne se guérit pas. Et pour cause: ce n’est pas une maladie, c’est une construction différente du cerveau...comme les HPI ou les pervers narcissiques...moi je ne suis ni l’un ni l’autre: je suis moi, et chaque jour que Dieu fait je me bats contre mes émotions envahissantes et décuplées, contre ce que je persiste malgré tout à appeler "ma maladie" qui m’entraîne vers la tristesse, chaque jour je me secoue et j’essaie d’être ma meilleure amie au lieu d’être ma pire ennemie....

Un autre point positif: à force de les subir, j’ai fini par repérer les premiers symptômes plus vite et donc par réussir à ne plus sombrer à chaque désillusions.

Mais pour moi la vie reste un combat quotidien. Alors je me bats, chaque jour, de toutes mes forces, de tout mon coeur!


Publié le 03/10/2026 / 2 lectures
Commentaires
Publié le 03/10/2026
Intéressante (auto) analyse qui a, malgré ses aspects effrayants quelque chose de rassurant: nous connaissons pléthore de gens qui, soit disant, fonctionnent. Qu'est ce que ça serait s'ils se mettaient à dysfonctionner...
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