J’ai écrit ces mots une nuit où mon corps et mon esprit ne faisaient plus qu’un champ de bataille. L’hypersensibilité, ce n’est pas juste “trop ressentir”, c’est aussi se battre pour exister dans un monde qui ne nous comprend pas.
Deux heures du matin, les réveils nocturnes se succèdent.
Assise dans le canapé, j’étouffe.
Les émotions m’assaillent sans répit.
Dans ma tête, mon cœur, mes tripes, ça bout, ça fait mal — une effervescence sans fin.
J’attrape un cahier, un stylo. Ce n’est pas de l’écriture, juste des mots jetés sur le papier pour alléger le poids qui pèse en moi.
Pourquoi ces humeurs changeantes, ces « ups and downs » sans raison ?
Pourquoi les douleurs intenses succèdent-elles aux bonheurs sublimes ?
J’ai mal. Je fatigue.
Accrochée à mon bout de bois, mes mains glissent, je vais lâcher… Et soudain, d’un coup de talon, je me rétablis. Pour quelques instants encore… Combien de temps ?
Sous moi, l’abîme, pas tout à fait inconnu.
Au-dessus, mon monde : celui des batailles pour paraître dans la norme.
Sans toujours vouloir donner le change, parfois je revendique : « Non, ça ne va pas, et en plus tu t’en fous. Lâche-moi ! »
Je suis seule face à moi-même.
Seule à choisir : continuer à me battre, jour après jour, ou poser les armes.
Puis l’accalmie surgit.
Elle m’entoure d’une magnificence, je la dévore de tout mon être, avec avidité, avec excès.
Car je sais : ensuite, je serai à nouveau terrassé.
Qui peut comprendre tous ces « trop » ?
Tu parles trop, tu ris trop fort, tu réagis trop — tu es au-delà de la mesure.
Pourquoi devrais-je rentrer dans votre moule, celui que vous avez fabriqué pour que nous soyons tous identiques ?
Laissez-moi délirer.
Pleurer.
Crier.
Puis rire à gorge déployée, comme une aliénée.