6 lectures

Le grand Zapping

Le grand zapping  Par Michel Tournier  Publié ce jour 31 juillet 2025 sur la gazette  Je suis la société qui zappe. Je commence un truc, je m’ennuie, je zappe. Je me dis que je devrais arrêter… Mais je zappe cette idée aussi.   Cette chanson…
6 lectures

Source de sang

En effaçant la chair d’une page de lin L’enchanteur creuse l’ombre à son stylet de cuivre Qu’une main de velours toujours prête à le suivre Tire d’une rivière où s’ébroue un moulin.   Des éclats de lumière au soupir cristallin Fusent d’une tonn…
6 lectures

Un aller sans retour (4)

Le seul compte qui semble correspondre est sur LinkedIn ; André qui a toujours refusé de s’inscrire sur les réseaux sociaux, ne veut pas abdiquer. Il opte donc pour les pages blanches en ligne, on ne sait jamais… il y trouve le numéro de téléphone fixe d’Annick. Il l’appelle, lui explique qui il est et pourquoi il veut la rencontrer, ils conviennent d’un rendez-vous le lendemain au café en face l’église. Il est soulagé de ne pas avoir à passer par la famille d’Alice qui ne lui a jamais pardonné d’avoir renoncé à la chercher, d’être parti et d’avoir couper tout contact avec son passé lui aussi.   Les évènements de la veille et les émotions de la journée l’ont fatigué. Il déplie le canapé, met les draps, installe un oreiller qu’il tapote afin de bien…
6 lectures

Comme toi

Comme toi,   La vie m’a arraché mes voiles, jeté nu au vent des tempêtes. Elle m’a brisé comme verre, abandonné sur le rebord du monde.   Alors la force est venue, telle une main de lumière qui m’a relevé des ombres, m’a porté jusqu’au souff…
6 lectures

La fiesta tendre de l’exorcisme

La fiesta tendre de l’exorcisme   Et si l’exorcisme n’était plus une affaire de prêtres, de sorciers, de croix brandies dans la pénombre ? Et si l’exorcisme moderne, discret et bienveillant, s’invitait chez nous à la tombée du jour, sans incantati…
6 lectures

Un aller sans retour (5)

André se promène dans les rues du bourg. Il voudrait que cette marche en touriste dans la ville où il a grandit et où il a passé sa jeunesse lui éclaircisse les idées. Finalement, il décide d’aller manger dans une brasserie et de se rendre au cinéma dans l’après-midi. Il appellera Alice en début de soirée, si elle travaille, il aura plus de chance de la trouver chez elle. Après le cinéma, il va dans une librairie en bord de Saône pour acheter deux romans policiers, ça ne lui demandera pas trop de concentration et ça lui permettra de se changer les idées en attendant le soir. Avant de rentrer, il passe également dans une supérette pour prendre des dosettes de café, des yaourts et des céréales pour le petit-déjeuner du lendemain ainsi que du jambon, des chips et des compotes pour un repas rapide le soir.   La fin de l’après-midi lui paraît s’éterniser. À dix-huit heures trente, il mange ce qu’il a acheté plus tôt et vers dix-neuf heures, n’y tenant plus, il appelle Alice. Après quatre …
6 lectures

si la nuit ne tombe pas

Première Partie. Sourde colère Antoine Trois juillet 1995. Trente ans et dix mois avant la disparition d’Alice Courseulles. Aucun objet, aucune personne, aucune forme, aucun principe ne sont sûrs, tout est emporté dans une métamorphose invisible, mais jamais interrompue. Robert Musil Pas un nuage dans le ciel quand la main de Jane se glisse dans la mienne. La vieille vient de partir pour le marché d’Amiens, c’est le moment pour ma sœur et moi de rejoindre notre cabane secrète au bois de la Praie. Nous passons toujours les deux mois d’été chez les parents de ma mère, éleveurs de porcs près d’Amiens. Tous les mercredis, la vieille vend ses légumes et ses fruits et le vieux livre les porcs à l’abattoir. En l’absence de nos parents, je veille sur la petite. C’est ma mission quand ils partent durant leurs vacances d’été explorer des terres hostiles et inconnues que les vieux nomment « antipodes », et dont nous oublions toujours les noms. Durant les vacances, les parents nous confient à n…
6 lectures

Tourbe de miel

Aux pétales d’un cierge ourlé de galuchat Pendent des cris de vent humant sur la banquise De précieux parfums dont la foudre se brise Sur des pics de cristal comme un triste crachat.   La rumeur de la pluie à son poids de rachat Bourdonne autou…
6 lectures

Farine de savon

Des lettres de sirop brûlant la grenadine Au bout d’un baiser fou rempli de boniments Ecrivent une histoire aux riches sentiments Que la lune en colère trouve très anodine.   En cousant des cercueils d’un fil de pyridine Elle suit la laideur de…
6 lectures

Repli & nouvel élan

Le costume était installé dans le canapé où je l’avais laissé depuis son achat. Veste et pantalon noirs, chemise blanche, col classique, manchettes mousquetaires, un mois de salaire. Même pas sur mesure. « Généralement on prend une taille en dessous.…
6 lectures

Necropolis

Le faisceau lumineux intense venait bruler la rétine et tirer du noir absolu d’un sommeil lourd. En silence, elle se tint les yeux pour masquer la lumière, mais la brûlure persista dans un halo qui se propageait toujours plus profondément dans ses globes oculaires. On lui tendit deux gobelets, le premier avec un seul petit comprimé à l’intérieur, le second avec de l’eau. Elle prit par habitude les bons gobelets, ingéra sa prise et se recoucha. L’atmosphère était étouffante, et malgré la taille de la pièce, elle était surpeuplée. Les gens s’entassaient sur des matelas et des couvertures d’urgences. Chacun essayait de dormir, mais le manque d’intimité rendait tout le monde inconfortable. Elle réfléchissait en un éclair : le comprimé qu’elle venait de prendre verrai ses effets agir d’ici une heure, ce serait suffisamment longtemps pour se faufiler hors du bâtiment et revenir. Elle s’habilla dans le seul recoin avec un peu d’intimité dans cet ancien hall devenu dortoir. Une structure de pl…
6 lectures

Les vaisseaux

Ils poussent l’art du rêve au bout de notre main Et cachent sous leur nom des trésors de voyage Que leurs ailes de lin dans le port de Carthage Ont souvent répandus comme un vol de Vulcain.   Des cendres de leurs pas ils brodent de l’étain Sur …
6 lectures

Ablation d'une énigme

D’une broche de ciel la mer pare le port Que des buissons de feu tapis dans l’or du sable Eclaboussent de fruits dont le goût délectable Envahit le regard qui pour un rien s’endort.    Des vagues sans ruban éloignant de la mort Les dents d’un s…
6 lectures

La page blanche

  Je suis la page blanche Qui s’éveille Et révèle ma créativité longtemps endormie. Je danse avec les mots Qui atterrissent en douceur Pour donner vie à ce texte, Niché en moi, Ne demandant qu’une plume. Je suis la page blanche Qui a connu …
6 lectures

flasques d'orfèvre

Comme la neige en feu les tranches d’un melon Parfument l’horizon d’une chair presqu’orange Que des lèvres d’enfant et les ailes d’un ange Pétrissent de baisers volés d’un violon.   Des dentelles de soie en pâte de grêlon Dégoulinent d’une urne…
6 lectures

Janissaires et princes

Le hasard rôde nu sur un tapis de paille Où glissent par frissons des larmes de sueur Qu’une main palpitante épelle à la lueur D’une lune écrasée au grain de la rocaille.   Des cartes à jouer jonchent de leur ferraille Des masques déchirés sous…
6 lectures

Infinitésimalement lointain

Les chiffres brouillent l’âme et sous leur chair de fer Cachent un cœur peureux qui d’un revers d’épée Tranchent entre les mots d’une longue épopée Avec un bruit de dents qui rappelle l’enfer.   Ils brisent les miroirs qui souvent ont souffert …
6 lectures

Nuit sans maître

Dans la torpeur d'une étoile abîmée par la frêle aventure, exulte la nuit. Je vais t'attendre et ce murmure ne s'éteint pas, au champs du blé blond. Rivages déçus d'un idylle adolescente, le pied dans un sable émouvant.
6 lectures

Toyant le Chat

Confidences d'un chat au look psychédélique, inspiré du tableau d’Annie-Pierre Collin     J’AIME KELVIN, mon maître, il est cool. J’étais un chaton noir et blanc, normal, peu à peu, j’ai évolué, mon pelage s’est bigarré et mon esprit un peu barr…
6 lectures

Passementerie d'oriflamme

Au frêle tremblement d’une feuille en papier Une bouche gourmande aux lèvres de mercure Sourit indécemment aux plaisirs que procure La fanaison des blés sous le poids d’un guêpier.   Il suffit d’un instant pour pouvoir recopier Des pages de lat…
6 lectures

Injustice

Récidiviste, je vocifére Enfermez moi Enfermez moi Que s'abat la sentence Je l'ai bien mérité  Croyez moi Croyez moi Je serre les poings Et puis je pense A tout ces lendemains Je me bats sans même regarder Si derrière  L'écho me rattrape …
6 lectures

Quelque chose au côté gauche

Si cette pièce de Théâtre passe par chez vous... superbe    Quelque chose au côté gauche Théâtre Beaux-Arts Tabard, Montpellier   Avant le spectacle :  Quelque chose au côté gauche, rien que le titre donne déjà des frissons. Cette pièce, adapt…
6 lectures

J'ai vu "Une bataille après l'auutre"

Excellent film où le suspens est présent de la première à l'ultime seconde. Les personnages sont savoureux et plus ou moins crédibles selon que vous aurez ou pas été plongés lors de votre vie dans des situations vous obligeant à cohabiter avec les l…
6 lectures

Bouffonneries d'un clos en fleur

Par-dessus le muret où dort un papillon Une fleur d’acacia touche de sa corolle Un rayon de soleil dont la douce parole Coule comme du miel sur l’or d’un pavillon.   Sous les ailes d’acier d’un imposant grillon Un cœur de bagatelle amoureux d’u…
6 lectures

Parnasse

Cette pensée trésor que je trouve en creusant. Transpirant et rougi par l’effort harassant Elle s'envole légère, Moinaux dans le ciel "Il est super facile d'être superficiel."   Il nous faut donc lutter contre la facilité. Expulser l'oisiveté d…